Jean-Pierre
Schosteck
Président de la Fédération
des Sem, président de la Sem d’aménagement
de Châtillon (Semarch). Maire de Châtillon,
ancien sénateur des Hauts-de-Seine. |
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L’essor
des sociétés d’économie mixte (Sem)
remonte au début des années 1980, dans
le sillage de la décentralisation. Les nouveaux pouvoirs
transférés aux régions ont favorisé
le développement de ces sociétés par
les collectivités locales afin de réaliser des
ouvrages publics (zones d’activité, logements
sociaux, technopoles, etc.).
Parfois concurrentes sur des projets locaux, mais le plus
souvent partenaires, les CCI sont actionnaires minoritaires
d’une Sem sur trois. Depuis septembre 2005, Evelyne
Duhamel, présidente de la CCI
de Dieppe, siège au conseil d’administration
de la fédération des Sem (FedSem), et Gérard
Trémège, maire de Tarbes et ancien président
de l’ACFCI, préside la commission du Développement
économique ainsi que son club des actionnaires.
« Quelle est la spécificité
d’une société d’économie
mixte ?
Il s’agit d’un outil à la disposition des
collectivités locales qui doit allier la satisfaction
de l’intérêt général à
la souplesse de fonctionnement d’une société
privée. C’est pourquoi la constitution du capital
est à majorité publique, et la présidence
est toujours assurée par un représentant de
la collectivité locale.
Votre fédération représente plus
de 1 150 Sem. Vous enregistrez plus de 20 nouvelles Sem par
an. Quel foisonnement !
A l’origine, les deux métiers de base sur lesquels
les Sem se sont impliquées sont l’aménagement
urbain (zones d’activité commerciale, quartiers,
etc.) et la gestion du logement, principalement social. Leur
essor a suivi l’évolution de notre société
et le rôle croissant des collectivités territoriales.
Des évolutions face auxquelles un fonctionnement strictement
administratif n’est absolument pas adapté. Ce
qui explique notamment l’émergence des Sem de
services pour gérer les remontées mécaniques
des stations de sports d’hiver, des golfs, des ports
de plaisance ou encore la gestion de services de transports,
etc. Nous couvrons aujourd’hui une quarantaine d’activités
différentes.
Comment percevez-vous l’avenir des Sem ?
Plusieurs secteurs dans lesquels les Sem sont parfois déjà
présentes offrent de sérieuses perspectives
de croissance : les ports et aéroports, car l’Etat
va progressivement se désengager de la gestion de ces
équipements ; les pôles de compétitivité,
où les Sem pourraient prendre en charge leur coordination
et leur développement ; le patrimoine culturel avec
la gestion, l’entretien et la commercialisation de sites
; la production et la distribution de l’eau ; ou encore
le développement économique comme la création
et la gestion de zones d’activité, l’immobilier
d’entreprises, la promotion économique des territoires,
avec notamment l’aide aux implantations d’entreprises.
De votre point de vue, la Sem est un outil public
des collectivités locales ou un acteur du développement
économique ?
Les deux ! Les collectivités locales, dont la Sem est
un outil, restent à la pointe du combat pour le développement
économique. En regardant les investissements réalisés
par celles-ci, on voit bien qu’en temps de crise, il
n’y a guère que les administrations locales qui
soient en état de passer des commandes et faire réaliser
des travaux… En outre, dans la mesure où les
lois de décentralisation donnent des pouvoirs supplémentaires
aux collectivités, notamment la gestion des aéroports
et des ports secondaires, nous pensons que la Sem est un des
outils le mieux à même de répondre à
ces nouvelles missions.
Les CCI sont souvent actionnaires de Sem mais toujours
dans la minorité du capital, conformément à
la loi. Comment comptez-vous convaincre les CCI de participer
activement aux projets des Sem alors qu’elles n’ont
aucun pouvoir de décision ?
Quelle que soit la composition purement formelle du conseil
d’administration, on y discute. Dans la Sem que je préside,
je tiens le plus grand compte de l’avis des actionnaires
minoritaires. Je ne m’arrête pas au pourcentage
d’actions qu’ils représentent…
En ce qui concerne la participation des CCI au capital
des Sem, il y a toujours eu une ambiguïté : est-ce
un capital privé ou public ?
Pour ma part, je les considère comme des acteurs publics,
même si elles ont acquis certains réflexes du
privé. Suivant le contexte local, nous sommes concurrents,
partenaires, observateurs, contrôleurs… Je trouve
cela salutaire. D’ailleurs, si l’on prend le cas
des ports et des aéroports, je ne vois pas comment
les CCI pourraient ne pas demeurer des partenaires de référence.
Je vous rappelle que j’ai été le rapporteur
de la loi de décentralisation au Sénat, auprès
duquel j’ai défendu la position des CCI…
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