"L’Amérique" sauvée par Boss
Protection. Dans le parc de Versailles, cette sculpture
de marbre blanc menaçait ruine, comme nombre des 286
vases et statues composant le somptueux décor voulu
par Louis XIV. Une restauration s’imposait. L’été
dernier, "L’Amérique" a retrouvé
sa superbe grâce au soutien d’une petite société
spécialisée dans la sécurité des
biens et des personnes dirigée par Marina Di Marco
: "Le coût des travaux – 3 000 euros
– était à notre portée, indique-t-elle.
J’ai été convaincue par l’idée
consistant à associer notre nom à une statue
en particulier plutôt que de le voir perdu au milieu
d’une liste de donateurs comme souvent lors d’une
restauration importante." Une plaque gravée
au nom de Boss Protection est en effet apposée sur
le socle de la sculpture.
Mécène… Le mot évoque d’abord
les rois et princes dont la générosité
a permis à tant de chefs-d’œuvre de voir
le jour. Aujourd’hui, les entreprises leur emboîtent
le pas, veillant à l’entretien du patrimoine
et favorisant de nouvelles créations. Aux grands groupes
les opérations de prestige: au Louvre, Total a participé
à la restauration de la galerie d’Apollon; Vinci
assume entièrement celle de la galerie des Glaces du
château de Versailles. Le géant du BTP finance
aussi, pour 14 millions d’euros, le prochain spectacle
de Robert Hossein, Ben Hur, au Stade de France.
"Contrairement aux idées reçues, le
mécénat n’est pas réservé
aux poids lourds de l’économie. Plus de 2 000 entreprises
y recourent, convaincues de l’intérêt de
valoriser leur image par un engagement artistique. Pour les
inciter à se lancer, le gouvernement a pris des mesures
fiscales", constate Patrice Marie, chef de projet
à la mission
Mécénat du ministère de la Culture
et de la Communication. La loi du 1er août 2003
a porté la réduction d’impôt à 60 %
de leur investissement (dans la limite de 0,5 %
du chiffre d’affaires avec report possible sur cinq
ans en cas d’excédent). De quoi susciter d’autres
vocations, favoriser un mécénat de proximité
et augmenter la manne (actuellement estimée à
350 millions d’euros par an) en faveur de créations
très diverses.
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