Le bassin industriel de Tarbes redécolle Accompagner les commerces de centre-ville BGV
Fret maritime à grande vitesse
Moyenne montagne
Un réservoir
de ressources naturelles

Sur l’aéroport de Châteauroux-Déols, la plate-forme de démantèlement de 15 000 m2 peut accueillir deux avions simultanément.



En juin 2005 s’est ouverte sur l’aéroport de Châteauroux-Déols la première plate-forme française de démantèlement aéronautique. Un site privilégié, l’aéroport étant déjà spécialisé dans la maintenance et pouvant accueillir sans restriction tous types d’avions. La plate-forme est l’œuvre de Bartin Recycling Group, entreprise centenaire spécialisée dans le recyclage industriel, qui a créé pour ce nouveau secteur une filiale spécifique, Bartin Aero Recycling. Avec l’appui des services de la préfecture et du conseil général de l’Indre, gestionnaire de l’aéroport, l’implication forte de la CCI de l’Indre et en partenariat avec Europe Aviation, une installation de démantèlement de 15 000 m2 a donc été adjointe aux infrastructures existantes, capable d’accueillir simultanément deux avions entiers, civils ou militaires. « Depuis quelques années, la demande n’a cessé de s’amplifier et les risques d’incidents en même temps, précise Vincent Bartin, président-directeur général de BRG. Nous avons décidé de prendre les devants et de créer la première plate-forme européenne “agréée”, soumise au contrôle des installations classées pour la protection de l’environnement. »





  •  13 600 avions civils en activité
  •  30 ans de durée de vie
  •  4 000 à 7 000 avions en fin de vie d’ici 2025
  •  300 avions par an à démanteler sur 20 ans
  •  85 à 95 % d’éléments recyclables
  •  65 millions d’euros d’investissement pour la
     plate-forme de Tarbes.
 
 


Que faire d’un avion en fin de vie ? Le démanteler proprement pour le recycler. Et relancer par la même occasion l’économie de toute une région.

Avec une durée d’exploitation moyenne de trente ans, plus de 4 000 avions de ligne arriveront en fin de vie de 2006 à 2025. Impossible de continuer à les abandonner dans le désert, de les laisser rouiller en bout de piste ou de les détruire sommairement. Un démantèlement aéronautique intelligent, sécurisé et environnemental devient donc, dès aujourd’hui, un enjeu économique décisif et de long terme.
C’est sur cette perspective à la fois innovante et immédiate que s’est appuyée la CCI de Tarbes et des Hautes-Pyrénées pour aider à donner un nouvel élan à l’économie du département, ébranlée par des restructurations successives (Giat, Alcan-Péchiney). La plate-forme de démantèlement aéronautique européenne s’implante donc dès cette année dans la zone aéroportuaire de Tarbes-Lourdes-Pyrénées, avec pour acteurs industriels Airbus, Sita et Sogerma. « Nous travaillions depuis plusieurs années sur la détection de projets aéronautiques compatibles avec le potentiel industriel de la région, déclare Camille Denagiscarde, directeur général de la CCI de Tarbes. Après avoir mis en place des formations continues en maintenance, nous avons pu identifier clairement le besoin de démantèlement. Nous avons convaincu le préfet que nous avions une partie de la solution au problème industriel et social lié à la reconversion des industries de défense. »

Expérimentation immédiate

Le projet se déroule en deux phases, expérimentale puis industrielle, démarrées conjointement. Baptisée Pamela (Process for advanced management of end-of-life aircraft), la phase expérimentale vise à déterminer, pratiquement et techniquement, un procédé optimal de démantèlement d’avion, dans un souci de recyclage ou de destruction sécurisé, mais aussi de respect de l’environnement. Le projet fait en effet l’objet d’un financement dans le cadre des projets Life (L’instrument financier de l’environnement) sélectionnés par la Commission européenne. Il s’agit donc de définir aussi des normes en matière de recyclage d’avion à toutes les étapes du processus.
La phase Pamela est déjà effective. La CCI, qui est en charge de la gestion de l’aéroport, vient de mettre à la disposition d’Airbus un hangar existant sur les terrains de l’aéroport. Un premier appareil, un A 300 d’origine turque, y a été acheminé fin février pour commencer l’expérimentation en grandeur réelle.
Pour la phase industrielle, dénommée programme Tarmac, un syndicat mixte va entamer dès juillet 2006 les aménagements nécessaires des terrains disponibles sur l’aéroport, en profitant d’une plate-forme vierge, pleinement aménageable selon les exigences industrielles. On y construira, entre autres, vingt places de stationnement d’avion et un bâtiment industriel de très grandes dimensions, pouvant accueillir tous types d’appareils… Et en particulier l’A 380, dont Airbus préfigure déjà les nécessités de démantèlement après quarante ans d’exploitation ! Si la première mise en service des installations est prévue dès fin 2007, c’est donc un programme à très long terme, d’essor économique réellement durable.
La mise en œuvre du projet, aujourd’hui réalité, a été facilitée par une synergie entre l’Etat, les collectivités locales, les industriels et la CCI. « C’est un aboutissement dont nous pouvons être fiers, car la CCI a pu faire valoir ici toutes les facettes de ses moyens et métiers: à la fois mise en place de dispositifs de formation, recherche de projets industriels, et gestion aéroportuaire », confirme Camille Denagiscarde.

 
CONTACT
CCI de Tarbes – Camille Denagiscarde
Tél. : 05 62 51 88 89 – c.denagiscarde@tarbes.cci.fr