1- Qu’est-ce que la TATP ?
La taxe additionnelle à la taxe professionnelle, comme la taxe professionnelle,
est un impôt payé par les entreprises que les Chambres de Commerce et
d’Industrie sont autorisées par le Parlement à percevoir pour couvrir
le coût des missions que leur confie la loi. 2- Quel usage le réseau des CCI fait-il de la TATP ?
Grâce à cette collecte, le réseau des CCI,
composé de 148 chambres locales et 21 chambres régionales, remplit des
missions de service public déléguées par l’Etat et indispensables au
développement des entreprises et des territoires. Les CCI mènent également
des actions répondant à des besoins des entreprises qui ne sont pas
pris en charge par le secteur privé. 3- Quelles sont ces missions de service public assumées
par les CCI ?
Elles sont de trois ordres : des missions de consultation par les pouvoirs
publics locaux, nationaux et européens ; des missions de représentation
des intérêts de l’industrie, du commerce et des services ; des missions
de service aux entreprises. 4- Quelles sont les autres missions des CCI ?
Le réseau des CCI est le premier concepteur et gestionnaire de projets
après l’Etat :
• 91 aéroports pour 64 millions de passagers
• 121 ports
• 128 zones d’activités
• 65 pépinières d’entreprises
• 29 palais des congrès
• 2 ponts (Normandie et Tancarville)
Cette mission de création et de gestion d’équipements
est financée par les recettes générées par ces équipements. 5- Comment ont évolué récemment ces missions de service
public ?
Le réseau des CCI s’est vu confier de nouvelles tâches par les pouvoirs
publics :
• la création et la gestion du guichet unique de la directive européenne
Services
• l’enregistrement des contrats d’apprentissage
• la délivrance de cartes professionnelles (courtiers en vins, commerçants
nonsédentaires…)
• la gestion de l’aide aux chômeurs créateurs et repreneurs d’entreprises
(ACCRE). 6- L’évolution de la TATP a-t-elle suivi l’évolution
de ces missions de service public ?
Malgré l’élargissement de leurs missions, de 1996 à 2007 la pression
fiscale (TATP rapportée au PIB) des CCI sur les entreprises a baissé
de 18 % alors que parallèlement la pression de la fiscalité locale augmentait
de 14 %. 7- Sur quoi est assise cette TATP ?
La TATP est assise sur les mêmes bases que la taxe professionnelle.
8- Quelle est l’assiette de la taxe professionnelle
?
L’assiette de la taxe professionnelle est représentée, pour chaque entreprise
assujettie, par la valeur locative de ses immobilisations corporelles,
c’est-àdire les locaux et les matériels. 9- Quel pourcentage de la taxe professionnelle représente
la TATP ?
Un pourcentage modeste : la TATP de 2008 s’élevait à 1,275 milliard
d’euros, soit 3% du produit de la taxe professionnelle (36 milliards
d’euros). 10- Que représente le produit fiscal de la TATP ?
En 2008, la TATP représentait 1,275 milliard d’euros alors que le budget
consolidé des CCI s’établissait à plus de 4 milliards d’euros. 11- Le réseau des CCI approuve t-il la suppression
de la taxe professionnelle ?
Parce que la taxe professionnelle était devenue un impôt absurde sur
le plan économique car il pénalise l’emploi et l’investissement, le
réseau des CCI soutient le principe de la suppression de la taxe professionnelle.
Il s’inquiète toutefois des conséquences directes ou indirectes sur
le financement des services gratuits rendus aux entreprises par les
CCI. 12- Que préconise le réseau des CCI pour remplacer
la TATP ?
Le réseau des CCI demande aux pouvoirs publics que des ressources fiscales
autonomes et pérennes de substitution à la TATP soient garanties afin
de continuer à financer les missions que leur confie la loi. 13- Pourquoi une autonomie fiscale est-elle indispensable
au réseau des CCI ?
C’est de cette fiscalité autonome que les CCI tirent leur légitimité.
Ce financement par une ressource fiscale autonome n’est d’ailleurs pas
propre à la France : on le retrouve pour d’autres chambres de droit
public, comme en Italie, aux Pays-Bas, en Espagne, en Allemagne, en
Autriche, en Grèce, au Luxembourg. 5 200 chefs d’entreprise, élus par
leurs pairs, sont impliqués directement dans la vie du réseau des CCI.
Sans autonomie de gestion, ces « collectivités territoriales des entreprises
» seraient de simples agences de l’Etat ne nécessitant pas l’implication
à titre bénévole de ces dirigeants d’entreprise. 14- Quel pourrait être le contour de cette fiscalité
de remplacement ?
Il ne doit pas éliminer les effets positifs de la suppression de la
taxe professionnelle. Il doit maintenir un lien entre les entreprises
et les territoires ; il doit assurer un équilibre de la charge fiscale
entre les différents secteurs d’activité ; il doit reposer sur une fiscalité
autonome, garantie d’un système efficace et responsable. 15- Quelles sont les modalités de remplacement de la
TP ?
Le Gouvernement a arrêté le remplacement de la TP par une cotisation
économique territoriale (CET), perçue par les collectivités territoriales
et composée :
• d’une cotisation locale d’activité (CLA) correspondant à la part foncière
de la TP assise sur les valeurs locatives foncières ;
• d’une cotisation complémentaire (CC) assise sur la valeur ajoutée,
avec un taux variant entre 0,5 % et 1,5 % pour toute entreprise dont
le chiffre d’affaires est supérieur à 500 K €. 16- Après l’adoption de la taxe remplaçant la TP, quelle
ressource financera les chambres ?
Les CCI demandent que leur financement soit assuré par une taxe additionnelle
à cette CET, afin d’assurer un lien fiscal entre les entreprises et
les territoires. Cette taxe additionnelle pourrait être composée, comme
pour les collectivités, de deux éléments :
• une taxe additionnelle à la CLA, avec un taux voté par chaque chambre
de région
• une taxe additionnelle à la cotisation complémentaire. 17- Pourquoi le réseau des CCI est-il attaché à un
lien fiscal entre les entreprises et les territoires ?
Les CCI sont « les collectivités territoriales des entreprises ». L’ACFCI
et le réseau des CCI partagent pleinement la préoccupation du Comité
Balladur pour lequel « il n’était pas envisageable que soit rompu tout
lien fiscal entre l’activité économique des entreprises et le territoire
de la collectivité locale sur lequel elles sont implantées ». 18- Quels sont les grands axes de la réforme des CCI,
arrêtée par le réseau le 14 avril 2009, adoptée par le conseil des ministres
du 29 juillet 2009 et qui sera présentée au Parlement à l’automne 2009
?
L’ACFCI et le réseau des CCI se sont engagés dans une réorganisation
ambitieuse, novatrice et équilibrée de leur réseau. Cette réforme s’inscrit
pleinement dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques
(R G P P). Il s’agit de dessiner une nouvelle organisation du réseau
consulaire en conciliant deux impératifs, d’un côté la proximité territoriale
et le renforcement de l’échelon régional et de l’autre l’efficacité
et l’économie de fonctionnement. 19- Qu’est-ce que va changer la réforme des CCI pour
les entreprises ?
Grâce à cette réforme, les entreprises bénéficieront d’une offre de
services plus performante et d’un allègement des coûts par une harmonisation
des politiques menées et une mutualisation des moyens au niveau régional.
20- En cette période de restriction budgétaire, cette
réforme permettra-t-elle au réseau des CCI de faire des économies ?
Le réseau des CCI s’est engagé à réduire la pression fiscale sur les
entreprises de 10% en 5 ans. Cet effort en termes financiers sera la
conséquence de la réforme qui doit être votée, lorsqu’il aura été procédé
aux investissements et aux réorganisations indispensables. .